Mon intervention au CESE, Conseil Economique, Social et Environnemental : valorisation de Jean de La Fontaine et du Sud de l’Aisne

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Intervention de Jacques Krabal

CESE – 18 mars 2021

La Francophonie s’engage avec les jeunes 

Monsieur le président du CESE, Cher Patrick Bernasconi, 

Monsieur le secrétaire général de l‘Ucesif, Cher Christophe Michaël,

Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, cher Jean-Michel Blanquer, 

Monsieur Le secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, cher Jean-Baptiste Lemoyne,

Monsieur l’ambassadeur d’Arménie, Représentant personnel du Président de la République d’Arménie à l’OIF, Cher Christophe Ter Stepanian

Madame la référente Francophonie du CESE, très chère Marie-Béatrice Levaux,

Monsieur le Président de l’Union Francophone, Cher Christian Cappe,

Mesdames et Messieurs les acteurs de la Charte de la Francophonie,

Mesdames et Messieurs les professeurs et élèves,

Mesdames et Messieurs du réseau des jeunes ambassadeurs de la Francophonie,

C’est la quatrième année que je partage avec vous « la Francophonie dans tous ses états ».

ll est inutile de vous exprimer toute l’émotion que je ressens aujourd’hui à l’occasion de cet événement qui célèbre la Francophonie dans tout ce qu’elle a de plus noble : la société civile et la jeunesse.

Inutile aussi de vous exprimer la fierté qui est la mienne de voir à quel point les jeunes, l’équipe pédagogique des différents établissements de Villers-Cotterêts, se sont approprié l’idée de Francophonie pour la vivre et la partager. 

Si on la doit d’abord à notre histoire puisqu’ « on tient toujours du lieu dont on vient » pour citer Jean de La Fontaine et je veux bien évidemment parler du château royal et des ordonnances de 1539 qui font du français la langue officielle des documents administratifs et juridiques ; mais aussi à notre riche patrimoine culturel : Jean Racine, Alexandre Dumas, Paul et Camille Claudel, et bien évidemment Jean de La Fontaine qui m’accompagnera tout le long de mon propos ;  on la doit surtout à l’ambition du président de la République, de faire du château royal la future Cité internationale de la langue française qui sera inaugurée en 2022.

Aujourd’hui, c’est tout le Sud de l’Aisne qui s’approprie l’idée de Francophonie et qui prend conscience que notre nation appartient aussi à une communauté riche et dynamique : la communauté francophone. 

Et je tiens à remercier Annie Picard, proviseure du lycée européen pour son engagement comme avant elle, Dominique Haraut mais aussi Nicolas Diedic qui le poursuit dans le collège du Chesnoye à Saint-Gobain ainsi que les principaux des collèges, l’inspecteur d’académie et le recteur. 

Mais permettez-moi surtout de saluer et de remercier les élèves, les collégiens et les lycéens qui se mobilisent pour enraciner la Francophonie à Villers-Cotterêts. 

L’évènement du CESE consacre la charte de l’élève francophone et je remercie Marie-Béatrice Levaux de sa détermination. Nous avons tous les deux le sentiment que nous sommes à la croisée d’un chemin dont nous dessinons ensemble les contours à la veille du prochain sommet des Chefs d’États et de Gouvernements qui se déroulera en fin d’année à Djerba. 

Nous devrons y apporter des pistes d’actions politiques pour relever deux enjeux majeurs :  

  • Faire entendre la voix singulière de la Francophonie sur la scène internationale,
  • créer les conditions nécessaires à l’expression d’une communauté politique, économique et sociale volontariste.

Je suis convaincu que c’est par la mobilisation de la société civile et de la jeunesse que nous répondrons avec enthousiasme aux défis qui sont devant nous. 

Déjà, à Erevan, la jeunesse avait affirmé sa volonté d’être davantage consultée et écoutée par les institutions.  Tous ces jeunes appelaient à l’adoption d’un nouveau contrat social entre l’État et la société. 

Et je suis persuadé qu’ils sont un levier puissant de redynamisation de la Francophonie institutionnelle. La jeunesse apportera un nouveau souffle, bousculera certainement nos schémas de pensées traditionnels et c’est tant mieux. 

Ce qui est en train de se passer, ici au CESE et à Villers-Cotterêts avec cette mobilisation de la jeunesse, est un bel exemple qui est destiné à se décliner sur tout le territoire français. C’est ainsi que nous réussirons à faire émerger ce sentiment d’appartenance à la communauté francophone, fière de ses valeurs, consciente de son dynamisme et de sa force.

C’est par la promotion du respect de la diversité linguistique et culturelle que le monde trouvera, grâce à la jeunesse, son unité et l’universalité à laquelle il tend encore maladroitement.  

Jeunes ambassadeurs de la Francophonie, je vous invite donc à affirmer avec conviction, les mots de Jean de La Fontaine dont nous célébrons, cette année, le 400ème anniversaire de la naissance à Château-Thierry : « Diversité est ma devise » et tendez vers l’universalité, à laquelle nous invite Léopold Sédar Senghor dont nous commémorerons  les 20 ans de sa mort en fin d’année. 

Jean de La Fontaine et Léopold Sédar Senghor nous invitent l’un et l’autre en effet à construire un monde plus solidaire, juste et fraternel puisqu’ « il se faut entraider, c’est la loi de nature » (L’âne et le chien). 

La crise sanitaire que nous subissons depuis un an en témoigne largement. 

Prenons un instant le recul nécessaire afin d’analyser les leçons d’ordre politique et philosophique de la Covid-19 : 

  • Alors que le monde a été obligé d’arrêter sa course effrénée, la planète a commencé à respirer. 
  • Pour freiner la propagation du virus, nous avons su nous protéger les uns et autres et accepter de suspendre nos libertés fondamentales individuelles et collectives. 
  • La valeur de la vie et de l’humain a supplanté la recherche de gains et de productivité.

La fraternité et la solidarité ont été nos armes de défense pour vaincre « ce mal qui répand la terreur » (Les animaux malades de la peste).

En fait, les valeurs universelles prônées par Senghor ont démontré leur efficacité. 

Et « En tout chose, il faut considérer la fin » (Le Renard et le Bouc), la prise de conscience de l’interdépendance non seulement des femmes et des hommes à travers le monde, mais aussi celle des conséquences 

provoquées par cette crise sanitaire doit donc nous élever à un niveau supérieur. 

« Quand le mal est certain, la plainte, ni la peur ne changent le destin » (Le Cochon, la Chèvre et le Mouton) mais il est aujourd’hui essentiel de poser les bases d’un nouvel ordre mondial qui place l’être humain et l’avenir de l’humanité au cœur de l’action politique, économique et sociale.

Et dans ce cadre la Francophonie peut faire entendre sa voix, riche de sa diversité et unie par cette communauté d’hommes et de femmes, fiers de leurs fondements ethnoculturels, dépositaires d’une histoire assumée, d’un présent commun et d’un avenir partagé.

Un certain nombre d’intellectuels, de philosophes, d’hommes politiques pensent d’ailleurs aujourd’hui que les grands espaces linguistiques prendront de plus en plus d’importance sur le plan géopolitique au cours du XXIème siècle. 

Et comme le vaste espace francophone a comme socle la langue française, il est indispensable pour l’avenir de la Francophonie de développer et de valoriser ce qu’il y a en commun entre les peuples et les institutions. C’est à dire la langue française. C’est une évidence. L’éducation, le respect de la dignité humaine, des droits humains et de l’égalité femmes-hommes restent nos priorités.

Or, aujourd’hui on néglige à tort la culture. Pourtant c’est par sa dimension culturelle que la Francophonie s’est constituée. 

C’est par elle qu’elle s’est s’affirmée comme un dialogue ininterrompu, une complicité grandissante, une symbiose réaffirmée entre les peuples. 

Il ne s’agit pas de défendre la langue française dans une volonté d’hégémonie ou de faire référence à un passé colonial aujourd’hui révolu, mais au contraire de promouvoir la langue française dans le cadre du respect de la diversité culturelle et linguistique, dans un souci de justice, d’égalité et de fraternité entre tous les peuples. 

Enfin, « Si toute puissance est faible à moins que d’être unie » (Le vieillard et ses enfants), alors convions tous les peuples du monde à ce «banquet de l’Universel », auquel Senghor nous invite. Et commençons par renforcer ce lien qui nous unit par la redécouverte des morales des Fables de Jean de La Fontaine déclamées par la jeunesse, de Villers-Cotterêts à la Réunion ; de Paris à Papeete puis pourquoi pas de Kinshasa à Djerba.

Vive le CESE

Vive la Francophonie

Vive Jean de La Fontaine

Vive la jeunesse francophone.

Je vous remercie.