Château François Ier : 17 mars 2017-17 mars 2022, cinq ans après, promesses tenues

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Le 17 mars 2017, je faisais visiter au candidat Emmanuel Macron le château François Ier alors à l’abandon.

Le 16 mars 2022, Mme Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, inaugurait le Logis royal restauré.

Les portes ouvertes au château royal de Villers-Cotterêts ont suscité un formidable enthousiasme populaire avec 9 000 visiteurs sur trois jours ! Le chiffre parle de lui-même : la réhabilitation du château royal de Villers-Cotterêts, future Cité internationale de la langue française, suscite l’engouement de toutes et tous. Durant ces journées, on a pu croiser un grand nombre de Cotteréziens, heureux de voir le château, si longtemps laissé à l’abandon, reprendre vie et rouvrir ses portes, mais aussi un afflux massif de visiteurs venus de l’Aisne et bien plus loin.

Toutes et tous ont dit leur plaisir de voir ce joyau de l’histoire française restauré comme il le mérite. La façade du Logis royal aujourd’hui nous éclaire de sa beauté et je salue l’impressionnant travail des équipes qui se succèdent sur le chantier. 

  • Engagement pris, promesse tenue

L’histoire a véritablement commencé en mars 2017. Depuis 5 ans, comme d’autres avant moi, je me battais pour faire bouger l’État sur la nécessité de sauver le château. Mais, au-delà de réponses polies, rien ne se passait… c’est pourquoi, après plusieurs possibilités de visite du candidat Emmanuel Macron, j’ai obtenu auprès de son conseiller culture, Marc Schwartz, sa visite à Villers-Cotterêts, d’abord autour de la statue d’Alexandre Dumas, avec beaucoup de monde, des sympathisants, mais aussi des opposants. Puis, avec difficulté, nous avons obtenu l’autorisation d’entrer dans la cour des Offices avec quelques élus et le président de la Société historique de Villers-Cotterêts. Après avoir posé la question aux élus : « comment voyez-vous l’avenir du château ? un hôtel ? un casino ? », Emmanuel Macron me confie à l’oreille, à la fin de cette rapide visite « tu écouteras ce que je vais dire ce soir à Reims, je vais annoncer de belles perspectives, comme tu le souhaites pour le château mais aussi pour la langue française. »

Au palais des Congrès de Reims, le soir même, où j’ai eu l’honneur de m’exprimer avant le candidat Macron, je disais l’espoir que les Cotteréziens venus nombreux et moi-même attendions pour notre château. Nous fûmes comblés, c’est dans l’enthousiasme, en s’adressant à moi, qu’Emmanuel Macron annonçait que, s’il était élu, non seulement il réhabiliterait le château, mais aussi qu’il en ferait un haut lieu de la langue française

Bien sûr, cette annonce fut accueillie par des sarcasmes, les critiques de promesses électorales…mais, dès l’élection d’Emmanuel Macron, la réflexion pour la concrétisation de ses promesses s’est engagée. A de nombreuses reprises, j’ai participé aux échanges, à la mise en œuvre de ce projet présidentiel. En 2018, le Centre des Monuments Nationaux était retenu du fait de son savoir-faire et de son expérience pour lancer les opérations. Les premiers crédits étaient votés, 80 millions sur le budget de la Culture. Et puis, les premiers travaux s’engageaient, les grues s’élevaient, le chantier le plus important après celui de Notre-Dame de Paris impressionnait. Si la covid ralentissait les travaux, ils étaient pour autant gigantesques. Villers-Cotterêts n’avait jamais vu ça, 650 salariés à certains moments, et puis 105 millions supplémentaires dans le cadre du Plan de relance. Jamais l’État n’avait par le passé investi une telle somme dans notre département. Cela valut néanmoins des commentaires de certains élus sur le montant exagéré de cette dépense en pleine ruralité. Cet investissement exceptionnel ne se limite pas à un projet patrimonial, même si celui-ci, avec sa façade restaurée, est déjà magnifique. Il est le point de départ d’un vrai projet de développement, économique, social, touristique et culturel. Faire reculer l’illettrisme et l’illectronisme, c’est permettre le renouveau de notre département et faire que les Cotteréziens et les Axonais retrouvent fierté et espoir en l’avenir. 

C’est le sens que prendra la Cité internationale de la langue française : exprimer les diverses dimensions du français, rappeler à quel point il réunit de nombreux peuples à travers la zone francophone, mais aussi permettre à celles et ceux pour qui il peut poser problèmes de mieux se l’approprier pour s’épanouir et s’émanciper.

Avec les membres du comité scientifique, nous avons échangé sur le parcours de visite et de découverte de la future Cité internationale de la langue française.

Tous ces éléments déterminants ont été évoqués au fil de ces portes ouvertes. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, est venue inaugurer le logis royal restauré et a redit les enjeux importants liés à la défense du français et du multilinguisme.

Madame la ministre, et je l’en remercie, a salué mon engagement en faveur de la francophonie, de la défense de la langue française, mais aussi du multilinguisme, et en direction du château François Ier, tout comme l’a souligné également Philippe Belaval, président du Centre des Monuments Nationaux. 

  • Le sud de l’Aisne, berceau de notre langue française

Je suis en effet fier et heureux d’apporter ma contribution à la défense de la langue française et du plurilinguisme. Je m’y emploie en tant que secrétaire général parlementaire de la Francophonie, comme je l’ai toujours fait dans mes mandats d’élu. Rappelons-nous qu’en 2006, j’avais perdu ma délégation de vice-président du département pour m’être opposé à une campagne de notoriété de l’Aisne en franglais, (l’Aisne it’s open, Speack Aisne glish, Peace Aisne love, etc). Face à cette campagne de communication du conseil général, l’histoire me donne raison 15 ans après ! Vouloir faire parler les Axonais en franglais, quelle ineptie ! Le franglais est parlé partout dans le monde, alors que les Ordonnances de 1539, qui ont donné vie au français, sont nées ici, à Villers- Cotterêts.

Comme les poètes de la Pléïade et Joachim du Bellay, défendons le français.

  • Le premier projet présidentiel en ruralité

Les journées de Villers-Cotterêts ont par ailleurs mis l’accent sur l’impact économique du projet présidentiel : il n’était qu’à voir les restaurants, commerces et cafés pris d’assaut en permanence pour se rendre compte des retombées pour le territoire.

Là aussi je remercie Emmanuel Macron : pour la première fois, un projet porté par un président de la République est implanté dans la ruralité et non pas à Paris. C’est unique et cela dit l’attachement de notre président à la vie des territoires. C’est pourquoi j’ai souhaité que les élus locaux, départementaux, régionaux soient associés au projet : s’il est au service de notre pays, il est d’abord et aussi un formidable outil de développement pour notre sud de l’Aisne et pour notre département plus globalement. Il est indispensable qu’une véritable dynamique locale se mette en œuvre pour bénéficier des effets positifs de du château et de la Cité. Et je remercie tout particulièrement Xavier Bailly, administrateur du château pour le Centre des Monuments Nationaux, ainsi que l’ensemble de l’équipe, d’avoir associé, pour ce week-end de fête et de présentation au public, des partenaires locaux. C’est ainsi que la compagnie Alis a pu faire des démonstrations de son travail sur la poésie à demi-mots, que l’Amicale philatélique a pu présenter le timbre que nous avons obtenu de la part de La Poste.

Avec mon soutien appuyé auprès de La Poste, l’Amicale philatélique de Villers-Cotterêts a obtenu la réalisation d’un timbre.

Maintenant, il nous faut aller encore plus loin dans cette appropriation par le territoire de ce formidable projet, à quelques mois de son inauguration officielle, et travailler à une participation des acteurs locaux la plus large possible. 

Voilà le vœu que je formule, et maintenant c’est à nous élus, habitants, associations et chefs d’entreprises de nous approprier ce formidable atout. Avec la forêt de Retz classée forêt d’exception, Alexandre Dumas, Jean Racine, Jean de La Fontaine, Paul Claudel et la langue française, nous nous devons de réussir.  Nous avons 6 mois avant l’ouverture officielle. Avançons ensemble, il reste encore beaucoup à faire. 

Nous vous donnerons rendez-vous très prochainement pour élaborer ce plan d’action.