Transport ferroviaire : vite, des actions !

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A l’occasion du débat sur les infrastructures de transport, j’ai demandé à Monsieur Vidalies, secrétaire d’état chargé des transports, d’organiser rapidement une table ronde sur les problématiques liées au transport ferroviaire dans le Sud de l’Aisne. En effet, les usagers ne cessent de dire leur ras le bol et les associations telles que le CDIU, ACCUS et ADULT se mobilisent pour que nous puissions enfin bénéficier d’un véritable service public.

Lintervention en vidéo :

Le compte-rendu officiel :
Catherine Vautrin, présidente – Nous en venons à une question de M. Jacques Krabal.

Jacques Krabal – Monsieur le secrétaire d’État, les infrastructures ferroviaires sont un atout pour le développement de nos territoires ruraux.

Nos débats dans cette enceinte portent essentiellement sur l’extension des lignes à grande vitesse, mais pour financer le tout-TGV, les lignes traditionnelles ont été oubliées depuis de nombreuses années, alors même qu’elles transportent quotidiennement des centaines de milliers d’habitants.

Depuis quatre ans, j’interviens sur cette problématique très aiguë pour Château-Thierry et le Sud de l’Aisne. Pour les 6 000 voyageurs journaliers et pour le fret, le pire est à craindre. En 2015, sur les lignes du TER Vallée de la Marne et du Transilien, tous les records ont été battus en matière d’incidents, de retards et d’annulations de trains.

Comment pourrait-il en être autrement, compte tenu de la vétusté des infrastructures et du matériel Corail des années soixante-dix ?

La coupe est pleine pour ces usagers qui se lèvent tôt afin d’aller travailler. Ces dysfonctionnements ont des conséquences professionnelles et familiales. Y pense-t-on ?

Des efforts ont été faits pour multiplier les canaux d’information, mais les usagers et leurs associations – le comité de défense des intérêts des usagers, ou CDIU, l’association des Châlonnais-en-Champagne usagers de la SNCF, ou ACCUS, l’association des usagers de ligne, ou ADULT – nous disent leur ras-le-bol. S’ils soulignent la compréhension des agents de la SNCF, ils craignent des dérapages toujours possibles.

Par ailleurs, ils sont las des discriminations, de l’injustice tarifaire. Je rappelle que Château-Thierry – gare dite « frontière », ce qui entraîne une complexité de gestion, car elle est au carrefour de trois régions – est à vingt kilomètres de la zone carte Orange.

Quels moyens comptez-vous mettre en oeuvre pour que le transport du quotidien ne soit plus une galère mais un service public digne de ce nom ? Quid de l’électrification de la ligne Meaux-Lizy-La Ferté-Milon ?

Qu’en est-il de la fermeture annoncée de la ligne voyageurs La Ferté-Milon-Fère-en-Tardenois-Fismes-Reims ? Quel avenir pour le fret des entreprises qui utilisent cette ligne – Vossloh Cogifer, Acolyance, Sifraco, Mapei – menacées dans leur développement, au même titre que l’emploi dans nos communes rurales ? Quel est l’avenir de cette ligne ?

La problématique interrégionale impose l’organisation d’une table ronde avec des représentants de l’État, de la SNCF, des trois régions, des responsables du TER, du Transilien et des associations, ainsi que des élus locaux.

Compte tenu de l’exaspération et de la colère des usagers, que je partage, des engagements concrets doivent être pris. Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard.

Catherine Vautrin, présidente – La parole est à M. le secrétaire d’État.

Alain Vidalies, secrétaire d’état chargé des transports, de la mer et de la pêche – Il me semble que, sur de tels sujets, quand des inquiétudes sont aussi graves et aussi justifiées, il faut que chacun assume ses responsabilités et que nos concitoyens sachent comment apporter des réponses.

La gare de Château-Thierry est desservie par des services transiliens organisés par le Syndicat du transport d’Île-de-France et par des services TER, connus sous le nom de TER vallée de la Marne, et organisés par les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine.

Le retard constaté par les voyageurs sur ces relations est principalement lié, vous l’avez dit, à des défaillances du matériel roulant, qui est ancien.

Pour améliorer sa disponibilité, SNCF Mobilités engage depuis plusieurs années de nombreuses actions, notamment de maintenance des locomotives. Toutefois, une amélioration substantielle de la qualité du service ne pourra être atteinte que par un renouvellement du parc de matériel roulant.

Dès lors qu’il s’agit d’une ligne de TER, il appartient aux autorités organisatrices concernées par cette desserte, c’est-à-dire les régions et, le cas échéant, le Syndicat des transports d’Île-de-France, de décider de telles orientations stratégiques.

Par ailleurs, à l’instar de nombreuses autres portions du réseau ferré, les lignes que vous évoquez font l’objet d’importants travaux de maintenance, que justifie leur état. Or on ne peut réparer les chemins de fer qu’en arrêtant le fonctionnement de la ligne. C’est un problème auquel les voyageurs sont confrontés au quotidien.

Les travaux entraînent des modifications d’horaires, parfois des suppressions de trains. Ainsi, la réfection par réseau de la plate-forme du tunnel d’Armentières, entre Château-Thierry et Paris, entraînera des interruptions ferroviaires entre février et avril 2016.

Les travaux sont importants et nécessaires. Or personne ne sait les faire sans que le service en porte les conséquences. C’est toute la difficulté du moment, même si les interventions n’entraînent des perturbations éventuelles qu’en vue d’améliorer l’avenir.

La politique que nous menons aujourd’hui vise à multiplier les travaux de maintenance et à améliorer le réseau. Je partage votre diagnostic, mais il faut que chacun s’engage. Je peux apporter des réponses sur la qualité du réseau et sur celle du matériel. Cependant, des réponses doivent aussi être apportées par ceux auxquels la loi a attribué des responsabilités.