Nous ne capitulerons pas car c’est la République qui détruira le terrorisme

Nous ne capitulerons pas car c’est la République qui détruira le terrorisme
Commentaires fermés sur Nous ne capitulerons pas car c’est la République qui détruira le terrorisme, 19/07/2016, by , in Actualités, Circonscription, Commémoration, Territoire

Si hélas les rassemblements se succèdent, notre volonté de vivre ensemble et de défendre les valeurs républicaines héritées des Lumières reste et restera à jamais intacte. Rien ni personne ne pourra altérer l’idéal de paix, l’édifice de liberté, d’égalité et de fraternité construit pierre après pierre par nos aïeux.

Aujourd’hui, après les tragédies de Paris, Saint-Denis, Magnanville et Nice, nous renforçons par notre présence ce rempart infranchissable à ceux qui veulent dissoudre la solidarité. Agir avec sang-froid, sans amalgames ni polémique stériles, et avec la plus grande fermeté, s’unir sous la bannière de notre République, il nous appartient à notre tour de faire barrage aux ennemis de l’humanisme. L’union nationale n’accorde aucune place aux polémiques, à celles et ceux qui osent remettre en cause les services de sécurité, les policiers, les gendarmes et les services de renseignement. L’assassin de jeudi dernier, dans un dernier élan de déshonneur et de haine, a tiré à plusieurs reprises sur des policiers qui n’ont eu d’autre choix que de répliquer. Les forces de l’ordre sont le premier barrage aux assauts de la terreur, ils en subissent directement les conséquences et n’hésitent pas un seul instant à se sacrifier dans l’exercice de leur devoir. Nous devons les soutenir et les saluer. Et c’est donc sans hésiter que je voterai mardi les dispositions pour prolonger de 3 mois l’état d’urgence.

Nous mettons tout en œuvre pour nous préserver de la violence, mais parce que le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais, nous devons assumer que nous sommes en guerre. Nous bombardons déjà Daech, et nous l’écraserons. Certes, nous sommes guidés par la générosité, mais pas par la faiblesse. Si la République nous offre la liberté et des droits, elle nous oblige à des devoirs. Oui, nous sommes au début d’une guerre sans merci, et il faut redouter que d’autres attentats se produisent. Parce qu’en l’état actuel des choses, aucun état d’urgence ni aucune surveillance de masse n’aurait pu éviter ce carnage. Comment prévoir l’imprévisible ? Pourtant il faut que nous y réfléchissions. Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il faut combattre Daech, parce qu’il imbibe les esprits. L’Etat islamique n’a plus besoin de commanditer les attentats ; désormais les fous, les loups isolés, des électrons libres accomplissement ses objectifs. Cette guerre contre l’idéologie la plus infâme, nous devons tous nous en sentir responsables.

A ceux qui veulent nous faire douter de notre force, de notre capacité à vivre et à construire avec les autres, nous répondons avec fermeté et l’esprit de rassemblement. Oui, la France est capable d’être grande quand elle est unie ! Après les célébrations du 14 juillet et l’affirmation d’une France sûre de ses piliers inébranlables, voilà qu’une fois de plus nous sommes tous sommés de donner le meilleur de nous-même, mobilisés pour ne pas répondre à l’appel du pire, aux sirènes de la haine et de l’obscurantisme.

La haine, animée d’une violence aveugle ennemie de toute humanité, a encore frappé. Jeudi 14 juillet 2016, jour éminemment symbolique pour notre nation et pour chacun d’entre nous, la barbarie, le fanatisme, la sauvagerie innommable sont venus vomir frustration et ignorance sur la promenade des Anglais pour accomplir son funeste dessein. A 22h45, alors que des dizaines de familles sont rassemblées pour le feu d’artifice, réunies comme nous l’étions, dans la joie et l’attente émerveillée des enfants, il fauche violemment la foule et tue le plus de gens possibles en guise de dernière volonté. Ce terroriste, quand il s’élance au volant de son camion, sait qu’il va écraser des familles, des femmes, des enfants, des adolescents, peut-être ses propres voisins. Mais pour lui les victimes ne sont que le reflet de l’ennemi à abattre. Il se persuade et en vient à négliger le sens de la vie, car dans son élan de lâcheté vouée à une mort certaine, il ne sera plus là pour voir leurs visages.

202 blessés, dont 52 en urgence absolue, 84 hommes, femmes, et pour la première fois des enfants aussi, cibles délibérées d’une stratégie de terreur, morts de la main de cette folie destructrice. Français, Allemands, Américains ou encore Russes, rassemblés en famille dans leur diversité, pour le feu d’artifice comme nous pouvions l’être nous aussi. Une fois de plus, l’amour de la vie, le partage par-delà les différences ont été pris pour cible, lâchement, odieusement. Tuer avec sauvagerie et acharnement des femmes, des hommes et des enfants ne se justifie au nom d’aucune idéologie, d’aucune religion. Permettez-moi de citer Albert Camus, qui disait en 1955 : « Quelle que soit la cause que l’on défend, elle restera déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente où le tueur sait d’avance qu’il atteindra la femme et l’enfant. Oui, le meurtre d’enfants est la figure du mal absolu parce que l’innocence infantile est pour nous un véritable culte. »

Il est trop douloureux de penser à ces vies brisées, à ces familles détruites par la mort d’un proche. Nous avons tous en tête l’image insupportable de ces petits corps sans vie, broyés par la machine infernale. Alors que samedi, lors de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, ensemble à Fossoy, nous rendions hommage aux juifs victimes de l’atrocité nazie, nous ne pouvons que faire ce parallèle. Une même haine aveugle, une même détermination à tuer, abattre des innocents. Et le 15 juillet au lever, après avoir pris connaissance de ce drame, mon petit fil de 15 ans me dit, le visage interrogatif et angoissé : « Quand cela va-t-il s’arrêter ? »

Pourquoi un tel massacre ? Il s’agit de comprendre les raisons de cet attentat d’un genre et d’une nature complètement exceptionnelle et révoltante. Ce terroriste a-t-il « disjoncté », ou s’est-il radicalisé sous l’influence des théories extrémistes pour sublimer son suicide en acte de martyr ? Pour un tel passage à l’acte, dans tous les cas, il y a eu une forme d’endoctrinement. Nous savons bien que l’Etat islamique a pour stratégie de déclencher à distance les pulsions morbides des individus fragiles. Son objectif affiché : pousser la société à se fracturer autour de la question de l’identité afin que les musulmans se sentent rejetés et adhèrent au sentiment de persécution véhiculé par la dialectique djihadiste. Voilà le danger de la radicalisation de la société, il nous faut le combattre avec force ! Nous avons encore vu les polémiques indignes surgies dans les quelques heures qui ont suivi l’attentat ; sans aucune gêne, certaines font sauter l’unité nationale, sans respect pour les familles en deuil. A nous de renforcer partout notre vigilance et de dénoncer les discours de haine de la France, d’où qu’ils viennent. Oui, c’est aussi sur internet qui nous faut agir, sur les réseaux sociaux et sur les sites de propagande qui se multiplient. Depuis 1995, c’est la première fois que nous sommes confrontés à un terroriste qui ne pouvait pas être repéré par les services de renseignement. Parce que les loups solitaires constituent le stade ultime de la menace djihadiste, nous devons renforcer nos mesures de sécurité, verrouiller et empêcher la propagande de haine qui fait tache d’huile sur les réseaux sociaux. En effet, des hommes et des femmes peuvent se transformer en ces loups solitaires après avoir subi le lavage de cerveau des prédicateurs de l’idéologie islamiste.

Le visage abject du rejet de l’autre voulait nous réduire au silence. Force est de constater qu’il a à nouveau échoué. Nous ne nous laisserons pas faire ! Aujourd’hui, nous sommes Niçois, nous sommes juifs, nous sommes musulmans, nous sommes homosexuels, policiers, gendarmes. Nous sommes la France, le monde libre, divers et fraternel !

Si chaque coup porté à notre modèle de vie en société rouvre des plaies encore vives, gardons à l’esprit que les valeurs au cœur de notre pacte républicain seront toujours plus fortes que la monstruosité : Liberté, Egalité, Fraternité, Tolérance, Démocratie et Vivre Ensemble font la force de notre France. Cette France généreuse, insoumise et cosmopolite, cette France bruyante et indomptable, terre d’accueil de toutes les générations, de toutes les langues et cultures. Plus qu’un simple rassemblement, nous ne sommes pas unis, en ce jour de deuil national, pour nous taire et gommer notre diversité. Non, nous nous rassemblons sans faiblesse parce que la situation l’implique, pour nous battre, pour préserver les valeurs universelles qui nous permettent de ne pas défaillir et de rester debout, encore et toujours. Et nous nous rassemblerons à chaque fois que ce sera nécessaire pour défendre nos valeurs, nos modes de vie. L’esprit des Lumières et l’amour de la vie ne faibliront jamais face à l’abominable !

Comme le souligne le président du Sénat, M. Gérard Larcher, Il ne devrait pas y avoir une France de gauche et une France de droite mais au contraire une France meurtrie qui fait face et se serre les coudes. La seule réponse que l’on puisse apporter à ces fous, à cette secte d’égorgeurs, c’est de rester fidèles à nos valeurs, à notre humanisme. Nous ferons preuve de la plus grande fermeté envers ceux qui les violent. Continuons à aimer la vie, la fête, la famille et le partage, tout ce qui constitue l’essence de la France. Nous n’avons pas le droit de transiger avec cela !

Chacun de nous, citoyens, doit être le garant des fondements de notre civilisation, en souvenir de toutes ces victimes, pour nos enfants et les générations futures. N’oublions jamais que le combat que nous devons mener est celui pour la vie et pour la paix.

Que nos ennemis le sachent : nous ne capitulerons pas car c’est la République qui détruira le terrorisme.

Vive la République !

Vive la France !

About Jacques Krabal

Jacques Krabal est député de l'Aisne et maire de Château-Thierry. Il siège à l'Assemblée nationale depuis juin 2012. Il est membre de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. En tant qu'invité à la Conférence environnementale de septembre 2012, il a été invité à se prononcer au sein du Comité pour la Fiscalité Ecologique (CFE). Il est président du groupe d'études "papier et imprimés".